Archives de catégorie : Œuvres classiques

Œuvres phares de la musique classique : présentation, extraits musicaux et choix de la meilleure version.

Dvořák – Symphonie du Nouveau Monde

Antonin Dvořák (1841-1904)- Symphonie n°9 en mi mineur, «du Nouveau Monde» (1893)

 

Antonín Dvořák
Antonín Dvořák

La Symphonie du Nouveau Monde est triplement américaine: elle a été composée sur le sol américain un an après la nomination du tchèque Antonin Dvořák (prononcé souvent « Dvorjak », la prononciation tchèque ressemblant à « Dvojak ») au poste de directeur du Conservatoire national de musique, elle s’inspire de la musique des indiens d’Amérique et d’un poème de Henry Longfellow Le Chant de Hiawatha.

Dvorak a expliqué qu’il n’avait pas utilisé de mélodies traditionnelles mais qu’il avait «écrit des thèmes originaux en incorporant les particularités de la musique indienne». Voici ce qu’il disait dans le New Herald en 1893 :

« J’ai étudié attentivement un certain nombre de mélodies indiennes qu’un ami m’avait transmises, et je me suis imprégné à fond de leurs caractéristiques – de leur esprit, en réalité. C’est cet esprit que j’ai essayé de reproduire dans ma nouvelle symphonie. En faite je n’ai utilisé aucune de ses mélodies. J’ai simplement écrit des thèmes originaux qui contiennent les particularités de la musique indienne, et, en utilisant ses thèmes comme sujet, je les ai développés en utilisant toutes les ressources des rythmes modernes, de l’harmonie, du contrepoint et de l’orchestration. (…) Cependant, j’ai constaté que la musique des nègres et celle des Indiens était pratiquement identique. »

Dans une lettre au secrétaire de la société philharmonique de Londres datée de 1894, il écrit :

« J’ai appelé sa symphonie « du Nouveau Monde », parce que c’est la toute première œuvre que j’ai écrit en Amérique. Selon moi, je pense que l’influence de ce pays (c’est-à-dire les chansons folkloriques nègres, indienne, irlandaise, etc.) y est sensible, et que cette œuvre et toutes les autres écrits en Amérique diffèrent grandement de mes autres œuvres aussi bien en termes de couleurs que de caractères (…) »

Dvorak lui-même et certains chefs d’orchestre ont minimisé cette influence américaine et il est vrai que l’on entend assez souvent les accents de l’Europe Centrale… surtout quand ce sont des chefs d’Europe Centrale qui jouent cette musique.

La popularité de la Symphonie du Nouveau Monde est due à la grande qualité des mélodies qui circulent au sein des mouvements et reviennent en nombre dans le dernier. Tout le monde ou presque connaît les thèmes des 1er 2e et 4e mouvement. Le thème du 1er mouvement a été utilisé par Serge Gainsbourg pour « Inital BB ». La preuve: écoutez tout d’abord le début premier mouvement (pour les plus pressé, allez directement à 2:00 min),


puis écoutez comment Gainsbourg s’est approprié , avec talent, ce thème de Dvorak (pour les plus pressés, allez à 0:29):

Les curieux peuvent regarder un making of de initails BB sur Youtube.

Le deuxième mouvement est très nostalgique avec son beau thème au cor anglais (qui, comme son nom ne l’indique pas, appartient à la même famille que le hautbois) évoquant la mort de Minnehaha, l’épouse de Hiawatha. Écoutons le début du deuxième mouvement :

 

Version choisie : Chicago Symphony Orchestra, Sir Georg Solti (direction)

Couverture de l'album Dvořák : Symphonie N°9, Solti

Album: Dvořák : Symphonie N°9, «du Nouveau Monde» | Interprètes: Chicago Symphony Orchestra, Sir Georg Solti (direction) | Editeur: Decca
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Cet enregistrement est recensé dans la petite discothèque classique (1)

En raison de la grande popularité de cette symphonie il y a pléthore de versions, pour vous faire une idée vous pouvez consulter la très intéressante et exhaustive présentation et discographie de la symphonie « du Nouveau Monde » sur patachon.free.fr

Le choix d’une version est très subjectif car deux traditions d’interprétation coexistent: l’une américanise la 9e, l’autre la tchéquise. Étant sensibles à l’appel des grands espaces nous avons retenu la version de Solti, tout simplement magique et qui bénéficie d’une remarquable prise de son. Pour les amoureux de l’Europe Centrale qui aiment les tempi bondissants et les phrasés fluides, les interprétations de Rafael Kubelik (par ex: version de 1991 chez Denon) ont un charme que les autres n’ont pas; bon c’est parfois un peu trop bondissant, mais c’est ce qui fait précisément le charme des interprétation de Kubelik.

Holst – Les Planètes

Gustav Holst
Gustav Holst

The planets/Les Planètes a été composé par Gustav Holst , compositeur britannique d’ascendance lettone, pendant la première guerre mondiale. Il s’agit d’un poème symphonique en sept mouvements, chacun d’entre eux étant consacré à une planète de notre système solaire. Il ne s’agit pas d’une succession de portraits astronomiques: point d’évocation des canyons martiens ou des anneaux de Saturne, mais plutôt de portraits mythologico-astrologiques: la pièce intitulée Jupiter évoque tout à la fois la majesté du plus grand des dieux et certains traits « jupitériens »de la caractérologie astrologique. Dans la section lente Holst y adjoint une pincée de majesté toute britannique qui n’est sans doute pas étrangère à la popularité de cette pièce. L’écoute du mystérieux Neptune plus mystique que marin confirme l’interprétation astrologisante.

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Haydn – Concertos pour violoncelle n° 1 et 2

Haydn, Joseph (1732-1809) – Concertos pour violoncelle et orchestre Hob. VIIb: n°1 en do majeur (ca1765), n°2 en ré majeur (1783)

Portrait de Joseph Haydn en 1791
Portrait de Joseph Haydn en 1791

Ces deux concertos pour violoncelle de Haydn sont des piliers du répertoire des violoncellistes et sont très prisés du public, bien que le concerto pour violoncelle en do majeur, composé vers 1765 n’ait été redécouvert qu’en 1962; quant au concerto en ré majeur, on a longtemps pensé qu’il n’était pas de Haydn, mais de l’un de ses élèves. L’orchestration très légère du premier concerto – deux hautbois, deux cors, un petit groupe de corde et une basse continue – rattache ce concerto au style pré-classique et en fait une pièce de choix pour les ensembles jouant sur instruments anciens.
Les mouvements lents contiennent de belles et amples mélodies caractéristiques du style de Haydn. Les mouvements rapides sont virtuoses et joyeux.

Les meilleures versions

Version choisie: Jean-Guihen Queyras et le Freiburger Barockorchester

Couverture de l'album Haydn: concerto pour violoncelle, Queyras

Album: Joseph Haydn Concertos pour violoncelle et orchestre n° 1 et 2 | Interprètes: Jean-Guihen Queyras (violoncelle), Freiburger Barockorchester, Petra Müllejans (direction) | Editeur: Harmonia Mundi
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Les enregistrements récents de ces deux concertos sont assez nerveux et dansants, et respectent mieux l’orchestration de Haydn que les anciennes versions de référence. La version de Jean-Guihen Queyras et du Freiburger Baroque Orchestra a été retenue, mais d’autres versions récentes ne sont pas à négliger, comme celles d’ Altstaedt et de Gauthier Capuçon qui évoquent celle, pionnière, de Christophe Coin qui faisait référence chez les amateurs d’instruments d’époque il y a peu.
La version de Queyras et du Freiburger Baroque Orchestra, qui a parfois des accents vivaldiens, est riche de détails et d’inventions malicieuses. On peut toutefois se demander si l’on n’a pas atteint le stade ultime de la « baroquisation » des concertos de Haydn.

Cet enregistrement est recensé dans la petite discothèque classique (1)

Pour mieux apprécier la version de Queyras il faut peut-être se familiariser avec une version plus classique comme celles d’Anne Gastinel, Micha Maïski, Rostropovitch (la version de référence) ou Yo-yo Ma. Par rapport au versions plus récentes, le talent des violoncellistes est desservi par une orchestration moins lisible, voire un peu lourde (Rostropovitch/Academy of Saint Martin in the Field), mais le plaisir est quand même là.