Weber – Concertos pour clarinette

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Karl Maria von Weber(1786-1826) – Concertos pour clarinette et orchestre n° 1 en fa mineur op.73 et n°2 en mib majeur op.74

Carl Maria Friedrich Ernst von Weber en 1821
Carl Maria Friedrich Ernst von Weber en 1821

Les  concertos pour clarinette de Weber sont nés tous les deux en 1811. Destinés au clarinettiste Bärman, ils sont particulièrement virtuoses et mettent bien en valeur l’étendue du registre de l’instrument.
Avertissement: nous n’hésiterons pas, dans cette chronique, à user de formules vieillies et péremptoires.

Le premier mouvement du Concerto n°1 en fa mineur commence de manière particulièrement dramatique, mais Weber garde une certaine distance amusée qui fait songer à une ouverture d’opéra. Weber veut séduire, divertir, et non édifier. L’écriture orchestrale est assez compacte, le compositeur n’hésite pas à recourir aux trémolos ; les bois viennent souligner en accord la mélodie du soliste, mais on ne peut pas parler de véritable dialogue. La reine du bal est la clarinette. C’est elle qui, même dans les passages non virtuoses, a la plus grande liberté rythmique.

À titre d’illustration, Le premier mouvement interprété par le jeune clarinettiste coréen Han Kim:

Weber est un musicien élégant et inspiré qui sait toucher l’auditeur dans les mouvements lents, même s’il n’atteint pas au sublime. Dans le deuxième mouvement du premier concerto l’entrée soudaine des cors amène l’auditeur et le soliste à un état de calme et de recueillement vaguement plaintif mais très apaisant.

Dans le troisième mouvement Weber est très en verve, l’écriture orchestrale y est plus variée, alternant fort habilement effet de masse et écriture plus aérée, qui permet à la clarinette de montrer son agilité à passer des graves les plus profonds aux aigus les plus brillants; il réussit même a insérer un passage lent tout à fait surprenant pour l’auditeur. À l’exception de ce passage, la même cellule mélodique revient sans cesse pour notre plus grand plaisir.

La suite du concerto ici:

Petite parenthèse : La clarinette est un instrument assez facétieux, y compris pour son interprète, puisqu’elle « quintoie » au lieu de sonner à l’octave lorsque le clarinettiste appuie sur la clé des aigus.

Le deuxième concerto, ne serait-ce que par sa tonalité de mib majeur, est plus solaire que le premier. Le début de l’allegro initial, évoque bien plus l’apogée du classique que les prémices du romantisme. Les arpèges descendants évoquent irrésistiblement Mozart.

Le deuxième mouvement, assez nostalgique, comprend pleins de belles trouvailles : les pizzicati des violoncelles au début; le contrepoint des cordes, puis celui des bois, magnifique, lorsque le soliste se tait; la délicatesse des arpèges du soliste même lorsque les rythmes sont pointés; l’alanguissement final de la clarinette sur un doux tapis de cordes…

Le troisième et dernier mouvement « Alla polaca » possède les mêmes qualité que le premier. La partie de clarinette y est encore plus riche : sextolets, doubles croches pointés, triple croches, un véritable festival pyrotechnique ! Pour conclure le thème initial est repris par l’orchestre alors que la clarinette continue ses arpèges diaboliques : avouons le, c’est un vrai régal.

Version choisie :

weber-concerto clarinettes (Antony Pay)Album: Karl Maria von Weber – Concerto pour clarinette | Interprètes: Antony Pay, Orchestra of the Age of Enlightment | Editeur: Virgin Classics

Pléthore de versions avec d’excellent clarinettistes (Sabine Meyer, Paul Meyer, Martin Fröst, Fabio di Casola etc..). Il est préférable de se concentrer sur l’accompagnement orchestral. À notre avis, une version se distingue : celle d’Antony Pay et de l‘Orchestra of the Age of Enlightment réalisée sur instrument d’époque en 1988. Le diapason est un peu plus bas et les instruments  un peu moins précis et justes parfois, mais la lisibilité de la partition est nettement supérieure notamment en ce qui concerne les basses. Les trémolos des cordes sont réalisés avec mesure. L’emploi de cuivres assez brillants renforce heureusement l’effet dramatique du premier concerto.
L’étonnant Antony Pay, par ailleurs mathématicien à Cambridge joue bien entendu une clarinette d’époque dotée de très peu de clés mais cela ne semble pas le gêner le moins du monde.

En CD ,on peut se procurer l’ancienne édition d’occasion à très bon prix. La nouvelle édition en voie d’épuisement n’est pas donnée. La version de Fröst et Kantorow (cf plus bas) est une bonne alternative.

Cet enregistrement est recensé dans la petite discothèque classique (2)

 

Autres version

Parmi les versions « modernes » , nous avons été particulièrement séduits par la version très vive, chantante et virtuose de Martin Fröst et Jean-Jacques Kantorow.
Voir sur Amazon.fr
qui est une très bonne alternative.

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