Variations sauvages - Hélène Grimaud

Variations sauvages, Hélène Grimaud

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Variations sauvages Couverture du livre Variations sauvages
Hélène Grimaud
Autobiographie
Robert Laffont
2003
285

Le premier et le meilleur livre d'Hélène Grimaud. Une autobiographie initiatique très bien construite et écrite. À lire et à relire.

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Une autobiographie initiatique.

Variations sauvages est bel et bien récit initiatique, et non une plate autobiographie destinée à contenter des « fans » vivant par procuration. Hélène Grimaud aurait pu imaginer tout un roman, mais sa propre vie, par l’imbrication entre sa recherche « spirituelle » et les péripéties ou les mystérieuses coïncidences de son existence, forme un « tout » qui, livré sous la forme quintessencié de ce récit, possède une force d’enseignement extraordinaire.

Quelques mots sur la forme : Hélène Grimaud a du style. Elle possède au plus haut point le sens de la poésie et de la métaphore, qui trouve peut-être son origine dans un don de synesthésie que l’on devine parfois. Elle a également le sens de la formule, parfois triviale, parfois profonde et synthétisant ses réflexions sur le sens de la vie.

Du sens de la vie, il est en effet question dans cet ouvrage. Si l’on considère les trois plans : soi-même, la nature et la transcendance, on peut dire qu’Hélène Grimaud se sent appelé depuis l’enfance à se situer exactement à l’intersection de ces trois plans. Contrairement à la plupart d’entre-nous, cet appel, cette « mystique sauvage » ne se sont pas manifestés chez elle pendant la fameuse « crise du milieu de vie » mais tout de suite, et manière impérieuse. Ses qualité personnelles dont une grande part de courage et d’obstination, lui ont permis de parcourir un bon bout de chemin sur la Voie, à un âge précoce.

Il serait dommage de résumer son parcours de vie dans cette chronique et de gâcher le plaisir du futur lecteur, mais l’on se doit d’évoquer le Loup, animal d’Apollon, le Dieu de la musique et de l’intuition spirituelle, dont il sera question tout au long de l’ouvrage grâce un un habile procédé de construction, puisque les passages autobiographiques alternent au sein de chaque chapitre avec des considérations mythologiques ou éthologiques sur cet animal fascinant, jusqu’à ce point où les deux lignes se croisent lors de la rencontre bouleversante avec… mais chut, n’en disons pas plus.

Hélène Grimaud évoque souvent les écrivains russe, mais elle nous fait penser irrésistiblement à Hermann Hesse à cause de sa recherche du sens de la vie à travers l’art et la fréquentation de la nature mais aussi de sa perception aiguë des contraires qui s’affrontent sans cesse dans le monde et dans notre être. L’harmonie intérieure ne s’obtient que lorsque l’on réussit à faire vivre en soi les contraires comme l’affirme Hélène Grimaud mais aussi Harry Haller, le « Loup des steppes », double de l’écrivain germanique.

Bien sûr il est beaucoup question de musique, de la vie au conservatoire, des professeurs en chair et en os comme Pierre Barbizet ou en esprit comme Rachmaninov ou Chopin, dont la main gauche « fredonne en baryton des sons d’or » ou encore Brahms dont l’adagio du premier concerto pour piano est comme une mise en musique des soubresauts de l’âme de la jeune Hélène.

Mais si Variations sauvages peut s’avérer précieux pour le mélomane ou le futur musicien professionnel qui hésite à trouver sa propre voie, ce livre possède, à notre avis, une vocation plus universelle ; il peut être lu, relu, à plusieurs niveaux et nous éclairer sur notre propre cheminement.

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