Mozart – Messe en ut mineur K.427

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Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) – Grande Messe en ut mineur «inachevée» K.427 (1783)

portrait de Constance Weber (Mozart) en 1783
portrait de Constance Weber (Mozart) en 1783

Cette messe en do mineur, bien qu’inachevée puisqu’il manque l’Agnus Dei et certaines sections du Sanctus et du Credo se place au sommet de l’oeuvre de musique sacrée de Mozart. Animée par une grande ferveur, elle parvient à concilier le baroque et le classique.

Il ne s’agit pas d’une œuvre de commande , mais plutôt d’une action de grâce , puisque Mozart s’était fait le serment d’écrire une messe, une fois marié avec Constance, qui venait de tomber malade (lettre à son père, Léopold du 4 janvier 1783). Les airs de soprano ont été composés à l’ intention de Constance, qui les a interprétés lors de la première exécution de cette Messe à Salzbourg. Mozart, issu d’une famille très pieuse était profondément religieux, mais son indépendance d’esprit l’avait souvent mis en porte-à-faux avec la hiérarchie catholique après les réformes de la musique d’église imposées par Joseph II  .

Mozart venait depuis peu de découvrir et de s’enthousiasmer pour le style contrapuntique des deux grands maîtres de la fin du baroque que furent Bach et Händel, que Constance prisait également. D’où l’emploi fréquent de l’imitation (canon , fugues) qui donne une grande densité et un caractère un peu archaïsant à cette œuvre malgré sa couleur harmonique classique. Il faut aussi rappeler que Mozart a suivi plus ou moins directement l’enseignement du père Martini, grand spécialiste du contrepoint antique, à Bologne. Pour ceux qui lisent l’anglais, un article très intéressant à ce sujet ici.

Mozart-messe427-kyrie
Entrée des voix en imitation dans le début du Kyrie (source: http://dme.mozarteum.at/)

La messe en ut mineur s’inscrit dans la tradition baroque des messes-cantates dites aussi messes napolitaines ou messes à numéro, le Gloria étant divisé en pas moins de 7 sections différentes. Mozart s’était à ce propos plaint auprès du père Martini de la trop grande brièveté des messes germaniques.

L’ Agnus Dei qui manque entièrement n’est, et pour cause,  jamais donné, mais grâce au travail des musicologues qui ont pu compléter le Sanctus et le Credo, nous avons la chance d’entendre cette admirable messe qui n’a été jouée qu’une fois du vivant de Mozart.

Pour appâter le lecteur: le merveilleux Et incarnatus du Credo interprété par Julie Fuchs. On notera l’instrumentation (hautbois, flûtes…) et le rythme ternaire habituel de la pastorale ainsi que les incroyable vocalise avec un saut de deux octaves sur et homo factus est:

A la recherche de la meilleure version

Chaque interprétation d’une œuvre est unique, c’est encore plus vrai pour cette messe, qui a été enregistrée d’après des reconstructions effectuées par différents musicologues (H-C Robbins Landon, Maunder…).

Version choisie

Mozart -Messe en do mineur K.427. (Gardiner) [Emi]
Mozart -Messe en do mineur K.427. (Gardiner) [Emi]
Album: Mozart: great Mass in C minor | Interprètes: Sylvia McNair, Diana Montague, The English Baroque Soloists (Artist), The Monteverdi Choir (Artist), John Eliot Gardiner (direction) | Editeur: Emi
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Parmi de nombreuses versions disponibles (Karajan, Bernstein, Davis, Harnoncourt, Hogwood, Mc Creesh, Langrée…) nous avons particulièrement été touchés par celle de John Eliott Gardiner sur instruments anciens. Les parties manquantes ont été reconstruites par Gardiner et Alois Schmitt. Les English baroque soloist jouent les passages lents avec une suavité et un sens du détail remarquable. La soprano joue  un rôle crucial dans la réussite ou non de l’exécution; Sylvia Mc Nair  nous a enchanté , sa voix sans vibrato excessif et au timbre très rond et chaleureux  se mêle parfaitement à l’orchestre.

Cet enregistrement est recensé dans la petite discothèque classique (1)
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2 réflexions au sujet de « Mozart – Messe en ut mineur K.427 »

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