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Weber – Concertos pour clarinette

Karl Maria von Weber(1786-1826) – Concertos pour clarinette et orchestre n° 1 en fa mineur op.73 et n°2 en mib majeur op.74

Carl Maria Friedrich Ernst von Weber en 1821
Carl Maria Friedrich Ernst von Weber en 1821

Les  concertos pour clarinette de Weber sont nés tous les deux en 1811. Destinés au clarinettiste Bärman, ils sont particulièrement virtuoses et mettent bien en valeur l’étendue du registre de l’instrument.
Avertissement: nous n’hésiterons pas, dans cette chronique, à user de formules vieillies et péremptoires.

Le premier mouvement du Concerto n°1 en fa mineur commence de manière particulièrement dramatique, mais Weber garde une certaine distance amusée qui fait songer à une ouverture d’opéra. Weber veut séduire, divertir, et non édifier. L’écriture orchestrale est assez compacte, le compositeur n’hésite pas à recourir aux trémolos ; les bois viennent souligner en accord la mélodie du soliste, mais on ne peut pas parler de véritable dialogue. La reine du bal est la clarinette. C’est elle qui, même dans les passages non virtuoses, a la plus grande liberté rythmique.

À titre d’illustration, Le premier mouvement interprété par le jeune clarinettiste coréen Han Kim:

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Bach, CPE – Concertos pour violoncelle

Carl Philipp Emmanuel Bach (1714-1788) – Concertos pour violoncelles Wq. 170 (H. 432) en la mineur (composé vers 1750), Wq.171 (H. 436) en si bémol majeur (ca. 1751) , Wq. 172 (H. 439) en la majeur (ca. 1753)

Carl Philipp Emmanuel Bach
Carl Philipp Emmanuel Bach

Carl Philipp Emmanuel Bach est le deuxième fils de Jean-Sébastien Bach. Comme ses trois autres frères, il joua un rôle important dans la transition entre l’âge baroque et l’âge classique.

Le concerto en la majeur Wq. 172 est une parfaite illustration de cette époque de transition. Composé 12 ans avant le premier concerto pour violoncelle de Haydn, il procure à l’auditeur un étrange sentiment d’entre-deux, avec un premier mouvement dont les lignes mélodiques sont très « hayndienne », un deuxième mouvement sublime et sombre ou se mêlent chromatismes baroques et « Empfindsamkeit » et enfin un troisième mouvement dont les ritournelles sont franchement « vivaldiennes ».

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Vivaldi – L’Estro Armonico

Antonio Vivaldi (1678-1741) – L’estro armonico, 12 concertos op.3 (1711)

 

Edition originale de l'estro armonico
Edition originale de l’estro armonico (livre II)

«Estro s. m. [dal lat. oestrus, traslitt. del gr. οἶστρος; la parola lat. corrispondente era asilus, da cui l’ital. assillo (v.)]. –
(…)
Ispirazione, ardore della fantasia e dell’immaginativa che guida l’artista nella creazione dell’opera»
Source: dictionnaire Treccani

On pourrait donc traduire estro par «ardeur créatrice».

L’Estro Armonico op.3 est l’œuvre la plus célèbre de Vivaldi après les 4 saisons (extraits de l’op.8). Ce recueil de 200 pages, publié vers 1711 à Amsterdam, qui comporte 12 concertos pour cordes, a connu une fortune considérable et de multiples rééditions. «Salué unanimement» par la critique de l’époque, l’Estro Armonico continue de nous enchanter plus de 300 ans après sa publication.

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Dvořák – Concerto pour violoncelle

Antonín Dvořák (1841-1904) – Concerto pour violoncelle et orchestre en si mineur, opus 104 (1895)

Antonín Dvořák
Antonín Dvořák

Le concerto pour violoncelle est l’un des chefs-d’œuvre tardifs de Dvořák. Tout comme la Symphonie du nouveau monde , qui le dépasse à peine en terme de popularité. Le concerto pour violoncelle a été composé en Amérique, mais il n’a, lui, rien d’américain. Ce concerto synthétise peut-être encore plus que la symphonie n°9 les qualités de compositeurs de Dvořák, – dont on rappelle qu’il a vécu essentiellement sur le territoire de l’actuelle République Tchèque -:
Une nouvelle fois, Dvořák nous offre de magnifiques thèmes, nobles et mélancoliques, mais, si l’on écoute attentivement l’œuvre, on est également frappé par la qualité de la partition orchestrale: beauté et sobriété de l’instrumentation, apparitions magiques du cor, dialogues exquis entre le violoncelle et les instruments à vents…

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Haydn – Concertos pour violoncelle n° 1 et 2

Haydn, Joseph (1732-1809) – Concertos pour violoncelle et orchestre Hob. VIIb: n°1 en do majeur (ca1765), n°2 en ré majeur (1783)

Portrait de Joseph Haydn en 1791
Portrait de Joseph Haydn en 1791

Ces deux concertos pour violoncelle de Haydn sont des piliers du répertoire des violoncellistes et sont très prisés du public, bien que le concerto pour violoncelle en do majeur, composé vers 1765 n’ait été redécouvert qu’en 1962; quant au concerto en ré majeur, on a longtemps pensé qu’il n’était pas de Haydn, mais de l’un de ses élèves. L’orchestration très légère du premier concerto – deux hautbois, deux cors, un petit groupe de corde et une basse continue – rattache ce concerto au style pré-classique et en fait une pièce de choix pour les ensembles jouant sur instruments anciens.
Les mouvements lents contiennent de belles et amples mélodies caractéristiques du style de Haydn. Les mouvements rapides sont virtuoses et joyeux.

Les meilleures versions

Version choisie: Jean-Guihen Queyras et le Freiburger Barockorchester

Couverture de l'album Haydn: concerto pour violoncelle, Queyras

Album: Joseph Haydn Concertos pour violoncelle et orchestre n° 1 et 2 | Interprètes: Jean-Guihen Queyras (violoncelle), Freiburger Barockorchester, Petra Müllejans (direction) | Editeur: Harmonia Mundi
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Les enregistrements récents de ces deux concertos sont assez nerveux et dansants, et respectent mieux l’orchestration de Haydn que les anciennes versions de référence. La version de Jean-Guihen Queyras et du Freiburger Baroque Orchestra a été retenue, mais d’autres versions récentes ne sont pas à négliger, comme celles d’ Altstaedt et de Gauthier Capuçon qui évoquent celle, pionnière, de Christophe Coin qui faisait référence chez les amateurs d’instruments d’époque il y a peu.
La version de Queyras et du Freiburger Baroque Orchestra, qui a parfois des accents vivaldiens, est riche de détails et d’inventions malicieuses. On peut toutefois se demander si l’on n’a pas atteint le stade ultime de la « baroquisation » des concertos de Haydn.

Cet enregistrement est recensé dans la petite discothèque classique (1)

Pour mieux apprécier la version de Queyras il faut peut-être se familiariser avec une version plus classique comme celles d’Anne Gastinel, Micha Maïski, Rostropovitch (la version de référence) ou Yo-yo Ma. Par rapport au versions plus récentes, le talent des violoncellistes est desservi par une orchestration moins lisible, voire un peu lourde (Rostropovitch/Academy of Saint Martin in the Field), mais le plaisir est quand même là.