Charpentier – Messe de minuit

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Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) – Messe de minuit pour Noël H.9 (ca 1690)

M.A.-Charpentier
M.A.-Charpentier

La messe de minuit est l’une des œuvres les plus célèbres de Marc-Antoine Charpentier, à peine moins souvent entendue que son fameux Te Deum (la «musique de l’eurovision»(sic)). Il est indispensable de posséder un enregistrement de la messe de minuit, pour célébrer la nuit de Noël.

Sommaire: 1.présentation de l’œuvre | 2. version choisie

Né à Paris, mais formé vraisemblablement par Carissimi en Italie, Charpentier a composé principalement de la musique sacrée (messes, oratorios, dialogues, leçons de ténèbres…). Il fut directeur de la musique du Dauphin vers 1680 et bien plus tard, maître de musique à la Sainte-Chapelle.

La réussite de la messe de Noël de Charpentier repose sur l’alliance du sacré et du profane, de la magnificence des savantes polyphonies vocales et de l’ingénuité des mélodies populaires. Comme de nombreux compositeurs de son époque, il a utilisé comme bases mélodiques des noëls, airs populaires qui siéent bien plus aux célébrations sincères et naïves d’un peuple de paysans qu’à celles plus fastueuses de la Capitale.

Chaque section de la messe comprends un ou plusieurs noëls , par exemple, le Kyrie qui ouvre la messe est basé sur Joseph est bien marié:

Joseph est bien marié
à la fille de Jessé.
C’était chose bien nouvelle
que d’être mère et pucelle.
Dieu y a bien opéré.
Joseph est bien marié.
(…)

Le Christe utilise Or nous-dites Marie, puis pour le second Kyrie, Une jeune pucelle sous trois formes: orchestrale, chorale et à l’orgue (composition perdue).

Une jeune pucelle
de noble coeur
priant en sa chambrette
son createur,
l’ange du ciel,
descendit sur la terre
Lui conta le mystere
de notre salvateur,
(…)

Ce noël est lui même basé sur la chanson Une jeune fillette, qui conte l’histoire d’une jeune fille envoyée contre son gré au couvent. La chanson se trouve dans un recueil publié en 1576, mais est sans doute plus ancienne. Source du texte: http://www.medieval.org/emfaq/misc/fillette.htm

Une jeune fillette
de noble coeur,
Plaisante et joliette
de grand’ valeur,
Outre son gre on l’a rendu’ nonnette
Cela point ne luy haicte
dont vit en grand’ douleur.
(…)

Écoutons maintenant l’évolution de cette chansonette:

Tout d’abord une re-création par Jordi Savall d’Une jeune fillette extraite du film Tous les matins du monde

Puis Une jeune pucelle interprétée par un ensemble de l’Arizona, merci à eux (la mélodie démarre après l’improvisation au luth):

And last but not least, l’utilisation qu’en a faite  Marc-Antoine Charpentier pour le second Kyrie, dans la version de David Willcocks:

Comme les compositions pour orgue ont été perdues, les interprètes moderne jouent les noëls instrumentaux composés par Charpentier, ou bien intercalent des variations pour orgue sur ces noëls traditionnels composées par d’autres auteurs comme Dandrieu, Balbastre etc…

Les autres noëls utilisés sont: pour le Gloria, Les bourgeois de Chastres, Où s’en vont ces gais bergers; pour le Credo, Voici qui désirez sans fin, Voici le jour solennel de Noël, À la venue de Noël; pour l’Offertoire, Laissez paître vos bêtes; pour le Sanctus, O Dieu que n’étais-je en vie; pour l’Agnus Dei, A minuit fut fait un réveil.

Version choisie: Sir David Willcocks (EMI)

Charpentier – Messe de minuit

Album: M.A. Charpentier Te Deum – Messe de minuit | Interprètes: Sir David Willcocks (direction), Choir of Kings College Cambridge, English Chamber Orchestra | Editeur: EMI
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Pour le choix des versions, nous n’avons retenu que celles qui comportent des sections jouées à l’orgue, même si ce ne sont pas des compositions de Charpentier, ce qui élimine celle de William Christie et celle de George Guest, version remarquable au demeurant. La version de Kevin Mallon, qui n’a pas non plus été retenue est intéressante car elle donne à entendre les noëls par les solistes. Restent les versions de Marc Minkowski, de Kyler Brown et de David Willcocks, qui est plus ancienne. Celle de Minkowski nous a paru un peu trop vive et baroquisante, dans le mauvais sens du terme, mais attention, il s’agit d’un jugement très subjectif. Celle de Kyler Brown est très intéressante car utilisant l’orchestration originale a minima de Charpentier; la qualité de l’interprétation la destine à devenir l’une des versions de référence. Cependant nous avons opté pour la «vieille» version de Willcocks enregistrée en 1967: douceur de l’ensemble, beauté des chœurs, notamment dans le Credo, choix judicieux des interludes à l’orgue de Nicolas-antoine Lebègue; pour toutes ces raisons, elle demeure très prisée des mélomanes et garde notre préférence.

 

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