Canteloube – Chants d’Auvergne

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Marie-Joseph Canteloube de Malaret (1879-1957) – Chants d’Auvergne pour soprano et orchestre.

 

Joseph Canteloube
Joseph Canteloube

Les chants d’Auvergne sont des arrangements et harmonisations de chants populaires auvergnats collectés par Canteloube dans son Auvergne natale et les régions avoisinantes et regroupés en 5 recueils, dont la publication s’étalera de 1924 à 1955. L’orchestration somptueuse réalisé par cet élève de Vincent D’Indy, auteur lui-même d’une Symphonie Cévenole, offre un magnifique écrin à ces jolies mélodies populaire.

Les hautbois et bassons dont le caractère pastoral est bien connu sont bien entendu très présents, mais c’est tout l’orchestre qui est mis à contribution pour évoquer l’Auvergne, avec des textures somptueuses qui évoquent odeurs et paysages et qui font parfois vibrer l’air comme lors un crépuscule d’été.

Les textes ne sont pas en français mais en langue d’oc. Par exemple le célèbre Baïlero commence ainsi:
Pastré, dé dèlaï l’aïo
a gairé de boun tèn,
dio lou baïlèro lèro…
Èn n’aï pas gaïré, è dio, tu, bailèro lèro (…)

Berger, de l’autre côté de l’eau, tu n’as guère de bon temps, chante bailéro lèro, et je n’en ai guère et chante, toi, bailèro lèro (…)

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Paysage d’Auvergne. par Auguste-François Bonheur

A la recherche de la meilleure version

Le choix est délicat, car la ligne de chant et l’accompagnement orchestral concourent pratiquement à égalité à la réussite de l’ensemble. Il faut un voix suffisamment souple et pas trop opératique et un orchestre chatoyant avec des basses profondes.

A notre avis l’enregistrement idéal n’existe pas. On peut être enthousiasmé par l’accompagnement orchestral (TeKanawa/Tate, Upshawn/Nagano), mais ne pas être séduit par l’association entre le timbre de la soprano et la simplicité des mélodies. Kiri Te Kanawa ou Véronique Gens ont un timbre splendide, mais un peu en décalage avec l’atmosphère de ces recueils.

Canteloube-Chants d'Auvergne-Davrath
Canteloube – Chants d’Auvergne (Davrath)

L’enregistrement de Netania Devrath est remarquable par le timbre et le phrasé ingénus et piquants de la soprano ukrainienne, qui avait entre-autre particulièrement travaillé la prononciation de l’auvergnat, dont elle semble se délecter de chaque syllabe, avant l’enregistrement réalisé par Vanguard en 1963 et 1966. C’est à notre avis l’enregistrement le plus réussi d’un strict point de vue vocal; le timbre de Netania Devrath s’éloigne parfois des canons classiques en se rapprochant de celui d’une chanteuse de music-hall, mais le charme opère et c’est ce qui compte. La voix y est d’ailleurs assez singulièrement mise en avant par rapport aux versions concurrentes. Un bémol: l’orchestre manque malheureusement parfois de plénitude. Petit détail amusant, le chef d’orchestre qui est crédité pour cet enregistrement, un certain Pierre de La Roche, n’existe pas…le nom du véritable chef est secret.

Version choisie

Canteloube-Chants d'Auvergne-(Von Stade)
Canteloube-Chants d’Auvergne-(Von Stade)

Le meilleur compromis est peut-être celui réalisé par Frederica von Stade et le Royal Philarmonia Orchestra dirigé par Antonio de Almeida pour CBS, édité en deux cds séparés. Le timbre de Federica von Stade est un peu plus rond, le phrasé moins piquant et populaire, mais plein d’émotions. L’orchestre est nettement au dessus de la version précédente. Les deux enregistrements ayant des qualités différentes, chacun devra choisir en fonction de ses goûts personnels. Note: les pochettes des albums diffèrent grandement en fonction des rééditions.
On peut se procurer la réédition abrégée en en un seul cd sur Amazon.fr

Cet enregistrement est recensé dans la petite discothèque classique (2)
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2 réflexions au sujet de « Canteloube – Chants d’Auvergne »

  1. Pas d’accord avec votre appréciation de l’orchestre. Celui du mystérieux Pierre de la Roche me semble le plus approprié, avec ses sonorités acidulées, plus proche du folklore que les orchestres classiques.

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